Commencer son arbre généalogique

Un arbre se construit à rebours : on part de soi, on prouve chaque lien par un document, et chaque acte trouvé donne la piste du suivant. Voici l'ordre qui fait gagner le plus de temps.

1. Partir de soi et de ce que l'on sait

Notez d'abord ce que vous savez sans chercher : vous, vos parents, vos grands-parents, avec les dates et les lieux de naissance, de mariage et de décès. Des dates approximatives suffisent pour commencer (« vers 1930 », « dans la Creuse ») : elles serviront à orienter les recherches, puis seront remplacées par des dates prouvées.

Numérotez tout de suite vos ancêtres avec la numérotation Sosa : vous êtes le 1, votre père le 2, votre mère le 3. Ce numéro permet de parler d'un ancêtre sans ambiguïté et de voir d'un coup d'œil les branches qui restent à explorer.

2. Interroger la famille, tant qu'il est temps

Les souvenirs des plus âgés sont la source la plus fragile et souvent la plus riche : prénoms d'usage, surnoms, déménagements, métiers, cousins partis loin, mariages dont on ne parlait pas. Quelques questions qui débloquent :

  • Où vos parents et vos grands-parents sont-ils nés, et où se sont-ils mariés ?
  • Quel métier faisaient-ils ? Ont-ils fait la guerre, ont-ils été prisonniers, ont-ils émigré ?
  • Qui étaient les frères et sœurs, les parrains et marraines ?
  • Qui, dans la famille, a déjà fait des recherches ou garde les papiers ?

Enregistrez ou notez les réponses avec la date et le nom de la personne interrogée : c'est une source, au même titre qu'un acte.

3. Rassembler les papiers de famille

Avant les archives, fouillez les tiroirs. Le livret de famille, qui existe depuis 1877, donne les dates et lieux de mariage des parents et de naissance des enfants, parfois les décès. Cherchez aussi les faire-part, les images de communion, les photos annotées au dos, les livrets militaires, les actes notariés (contrats de mariage, successions), les lettres et les cartes postales, les papiers d'identité et de naturalisation.

4. Demander les premiers actes

Pour les générations récentes, les actes s'obtiennent gratuitement auprès de la mairie du lieu de l'événement, sur place, par courrier ou en ligne sur service-public.fr pour la plupart des communes. Les actes des Français nés à l'étranger se demandent au Service central d'état civil, à Nantes.

  • Vous obtenez la copie intégrale de votre acte de naissance et de ceux de vos parents, grands-parents, enfants et conjoint.
  • Pour un autre parent, un collatéral par exemple, un acte de naissance ou de mariage de moins de 75 ans n'est délivré qu'en extrait sans filiation.
  • Les actes de décès sont délivrés à toute personne qui les demande.

Les actes plus anciens sont le plus souvent numérisés et en ligne : voir trouver un acte de naissance, de mariage ou de décès.

5. Remonter une génération à la fois

La méthode tient en une boucle : l'acte de mariage d'un couple donne le plus souvent l'âge ou la date et le lieu de naissance des époux, et le nom de leurs parents. L'acte de naissance de chaque époux confirme ses parents, dont on cherche alors le mariage, et ainsi de suite.

  • Le mariage est l'acte le plus riche : cherchez-le en premier pour chaque couple.
  • Un lien, une preuve : n'ajoutez un parent que lorsqu'un acte l'établit. Un homonyme dans le village voisin, né la bonne année, n'est qu'une piste.
  • Notez la source de chaque information (commune, année, numéro ou page de l'acte, lien vers la vue numérisée) : vous en aurez besoin pour vérifier ou pour convaincre un cousin.
  • Relevez aussi les témoins, les parrains et les marraines : ce sont souvent des oncles, des tantes ou des cousins, et ils aident à distinguer deux homonymes.

6. Quand la piste s'arrête

Un ancêtre introuvable a souvent simplement déménagé. Les recensements et les registres matricules donnent les domiciles successifs ; les tables décennales permettent de balayer dix ans de naissances d'une commune en quelques minutes ; les relevés collaboratifs (Geneanet, les cercles généalogiques départementaux) retrouvent un mariage dans une paroisse à laquelle on n'aurait pas pensé. Pour un décès récent, essayez le fichier INSEE des décès.

Avant 1792, les actes sont ceux des curés : ils deviennent plus courts et plus difficiles à lire. Le guide pour lire un acte ancien vous aidera à les déchiffrer.

7. Ranger l'arbre et le partager

Un cahier suffit au début, mais un logiciel évite vite les erreurs : il calcule les numéros Sosa et les liens de parenté, repère les doublons et garde les sources à côté de chaque fiche. Choisissez-en un qui exporte au format GEDCOM, pour ne jamais être prisonnier d'un outil.

Dans Ascendance, l'arbre est partagé avec les membres de votre famille, et eux seuls : chacun ajoute ce qu'il sait, les numéros Sosa et les liens de parenté se calculent seuls, et les notes gardent les sources, les divergences et les pistes à suivre. Si quelqu'un de la famille a déjà un arbre sur un autre logiciel, il s'importe en GEDCOM.

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