Trouver un acte de naissance, de mariage ou de décès
La plupart des actes de vos ancêtres sont numérisés et consultables gratuitement, depuis chez vous, sur le site des archives départementales. Encore faut-il savoir où et comment chercher.
Ce que l'on trouve, selon l'époque
| Période | Registres | Où les consulter |
|---|---|---|
| Avant 1792 | Registres paroissiaux : baptêmes, mariages, sépultures (BMS), tenus par le curé | Archives départementales, en ligne |
| 1792 à 1802 | État civil tenu par la commune, dates du calendrier républicain de fin 1793 à 1805 | Archives départementales, en ligne |
| 1802 à un siècle environ | État civil, avec des tables décennales pour chercher par nom | Archives départementales, en ligne jusqu'aux années 1900 à 1920 selon les départements |
| Plus récent | Actes de moins de 75 ans (naissance, mariage) ou pas encore versés aux archives | Mairie du lieu de l'acte, ou service-public.fr |
L'état civil, depuis 1792
Depuis la loi du 20 septembre 1792, les naissances, les mariages et les décès sont enregistrés par la commune, et non plus par la paroisse. Chaque registre est tenu en deux exemplaires : l'un reste à la mairie, l'autre est déposé au greffe du tribunal, puis versé aux archives départementales. C'est ce second exemplaire que les archives ont numérisé et mis en ligne.
Pour trouver un acte, il faut connaître la commune de l'événement. Sur le site des archives du département, ouvrez la rubrique « état civil » ou « registres paroissiaux et d'état civil », choisissez la commune, puis le type d'acte et la période. Les registres s'affichent page par page, comme si vous les feuilletiez.
Les tables décennales : chercher par nom
Depuis 1802, chaque commune dresse tous les dix ans une table décennale : la liste alphabétique des naissances, des mariages et des décès de la période, avec leur date. C'est le premier registre à ouvrir quand on ne connaît pas l'année exacte : en quelques pages, on balaie dix ans d'une commune, puis on va directement au bon acte dans le registre de l'année. Beaucoup de registres annuels ont aussi leur propre table, à la fin.
Les mentions marginales
La marge d'un acte de naissance renvoie aux événements qui ont suivi : le mariage y est mentionné depuis 1897, le divorce depuis 1884, le décès depuis 1945. Un acte de naissance de la fin du XIXe siècle vous donne donc souvent la date et la commune du mariage, qui mène à la génération suivante.
Les registres paroissiaux, avant 1792
Sous l'Ancien Régime, le curé enregistrait les baptêmes, les mariages et les sépultures. L'ordonnance de Villers-Cotterêts (1539) impose les registres de baptêmes, celle de Blois (1579) y ajoute les mariages et les sépultures, et celle de Saint-Germain-en-Laye (1667) exige un double déposé au greffe. Dans la plupart des paroisses, les registres conservés commencent au XVIIe siècle, avec des lacunes.
Ces actes sont plus courts et moins précis : l'âge au décès est souvent approximatif, la date de naissance rarement indiquée (on baptisait le jour même ou le lendemain), et le curé écrit parfois en latin. Le guide pour lire un acte ancien détaille ce qu'il faut y relever.
Les protestants, exclus des registres catholiques après la révocation de l'édit de Nantes (1685), n'ont retrouvé un état civil qu'avec l'édit de tolérance de 1787. Leurs actes antérieurs se trouvent dans les registres des pasteurs, quand ils ont été conservés, souvent aux archives départementales ou à la Société de l'histoire du protestantisme français.
Les pièges fréquents
- La Révolution : de la fin 1793 au 31 décembre 1805, les actes sont datés dans le calendrier républicain. Convertissez les dates avec le convertisseur du calendrier républicain.
- Les communes qui ont changé : fusionnées, renommées ou rattachées à un autre département. Le Code officiel géographique de l'INSEE et le site « Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui » (EHESS) retracent l'histoire de chaque commune.
- Paris avant 1860 : les deux exemplaires de l'état civil parisien ont brûlé en 1871, pendant la Commune. Une partie a été reconstituée à partir d'autres documents, consultable aux Archives de Paris.
- L'orthographe des noms : elle varie d'un acte à l'autre, surtout avant le XIXe siècle, quand le curé écrivait ce qu'il entendait. Dans les tables, essayez les variantes (Fèvre, Lefèvre, Lefebvre).
- L'événement ailleurs : on se mariait en général dans la commune de l'épouse, et l'on naissait parfois chez les grands-parents maternels.
Les actes récents : la mairie
Les actes de naissance et de mariage de moins de 75 ans ne sont pas librement consultables. Vous pouvez en obtenir la copie intégrale pour vous-même, vos ascendants, vos descendants et votre conjoint, gratuitement, auprès de la mairie du lieu de l'acte ou sur service-public.fr. Les actes de décès sont délivrés à tous. Après 75 ans, les registres sont communicables à tous, mais il faut parfois encore les demander à la mairie tant qu'ils n'ont pas été versés aux archives ou mis en ligne.
Gagner du temps avec les relevés
Des bénévoles ont relevé des millions d'actes : les cercles généalogiques départementaux (dont les bases Geneabank), les relevés collaboratifs de Geneanet, les tables de mariages publiées par les associations. Ils permettent de chercher un nom dans tout un canton. Vérifiez toujours sur l'acte original : un relevé peut contenir une erreur de lecture ou de date.
Garder la trace de ce que vous trouvez
Dans Ascendance, notez pour chaque acte la commune, l'année, le numéro de l'acte ou de la vue, et collez le lien de la page numérisée dans les notes de la fiche : il devient une source cliquable. Les autres membres de la famille voient d'où vient chaque date, et personne ne refait la même recherche.